[Manga] Abyss

Abyss

« Vous vous réveillez dans un labyrinthe inconnu sans aucun souvenir de votre passé
Une myriade de monstres à la recherche de chair fraiche erre entre ces murs…
Dans votre main, le TRIGGER… un objet vous accordant d’incroyables pouvoirs
Allez-vous accepter la mort sans lutter ?
Fuir en hurlant devant vos poursuivants ?
Ou bien combattre sourire aux lèvres ? »

/!\ POUR PUBLIC AVERTI /!\

Synopsis :

Un groupe d’individus se réveille dans un étrange souterrain avec très peu de souvenirs de leur ancienne vie. Dans leur main, un interrupteur appelé « trigger » qui leur donne chacun accès à un pouvoir spécial. Ils vont alors devoir coopérer les uns avec les autres afin de trouver la sortie, et surtout, échapper aux créatures monstrueuses, les « Eatman », qui errent dans les couloirs avec la ferme intention de tous les tuer.

Aperçu :

Dessinateur & Scénariste

NAGATA Ryuhaku

[Japon] Date de parution

Kodansha (2013)

[France] Date de parution

Soleil Manga (2016)

Public visé (+16)

Seinen (8 tomes)

Genres présents

Action, Horreur, Science-Fiction

+ Survie, Gore, Suspens, Drame

Thèmes présents

Amnésie, Monstre, Super-pouvoir

NB : Quand je rajoute le (+) c’est pour indiquer une information personnelle que je rajoute et qui ne figure donc pas forcément sur la fiche du manga en question.

– Vous pensiez que plonger au fond des abysses vous mènerait vers la sortie ? –

Un manga particulièrement violent et sanglant qui vous fera souffrir en même temps que ses personnages…
Bien que plusieurs aspects ne demandent qu’à être développés, les monstres ne nous laissent aucun répit pour comprendre ce qu’il se passe…
La seule solution ? Courir tout droit et survivre comme on peut grâce à ce fameux trigger…
Une gâchette pour activer des pouvoirs ? À quoi bon quand on doit collaborer avec de parfaits inconnus….
Une course contre la montre ? Hahaha ! Aucun espoir n’existe dans un labyrinthe… plutôt me suicider !

[Meepow’s note : Je m’impressionne ! J’ai vraiment pas perdu la main avec ce genre de phrases dis donc ! ]
[Babiwan’s note : Pour avoir lu les deux premiers tomes chez notre Taijo national, je confirme, c’est tout à fait raccord avec l’ambiance !]

Mon avis :

(Nombre de tomes lu lors de cet avis : 4/8) *en cours
(Nombre de tomes lu lors à la publication de l’article : 7/?)

Abyss : Un manga aussi sanglant qu’intéressant ! Il est loin d’égaler ses homologues orientés Gore/Survival, cependant, il ne lésine pas sur la qualité ! Idéal pour se donner une petite dose de frisson ou assouvir ses envies de… lecture ! Attention tout de même pour les mordus du genre à bien choisir quelle partie croquer…

HibikiDan

– Mes premières impressions –

Comme on reprend les articles en douceur (ou pas) je vais la jouer fine sur ce manga et aller directement dans le vif du sujet et donc, j’ai trouvé ce manga particulièrement intéressant lors des deux premiers tomes. Moi qui suis pourtant loin d’être novice dans cette catégorie, j’arrive tout de même à me faire surprendre par certaines scènes ou certaines techniques qu’utilise l’auteur !
Baston, survie, morts brutales, monstruosités aussi abominables les unes que les autres au point de tourner la page dans tous les sens pour savoir comment est articulée la bestiole.
Néanmoins, bien que mon engouement serait susceptible de vous charmer comme le font chaque cliffhanger de fin de tome, plusieurs défauts apparaissent petit à petit et à 4 tomes lus sur 8… croisons les doigts avant que quelqu’un ne nous les coupe.
Eatman

– Histoire –

Un RPG linéaire…

Ça fait bizarre de dire ça hors contexte mais concrètement ce terme explique bien le fond de ma pensée. Autrement dit, les personnages sont plongés dans les abimes (ouais je change de terme !) et sont obligés d’aller tout droit pour continuer : passer d’une porte à l’autre, esquiver ou vaincre les monstres pour progresser (survivre) et sauver ceux qui se trouvent sur le chemin pour agrandir son équipe de Triggers (pas mal comme nom d’équipe…). Bref, vous m’aurez compris, on nous laisse croire qu’on a le choix alors qu’inconsciemment le scénario nous emmène là où il le souhaite. #RIPOpenWorld (Quoi que vers le tome 4…)

– Trigger –

Rien de particulier à dire sur cet outil qui permet à nos protagonistes d’activer leur pouvoir : une petite boîte, une petite chose avec un bouton ou une gâchette sur lequel on appuie pour se transformer en super saiyan (ou presque). Sauf qu’il y a des contraintes d’utilisations ou des effets secondaires donc c’est pas si foufou que ça. Mais au moins, chacun a son propre pouvoir et si on fait trop le malin avec et qu’on perd son joujou… adieu le super-pouvoir !

– Monstres & Personnages –

Je vous épargne le « pavé-personnage » car c’est inutile d’en parler, aucun de ne se distingue véritablement du lot et on en voit des comme ça en pagaille dans d’autres oeuvres. Par contre, les monstres, je dois avouer que le terme est bien utilisé pour parler de ces créatures extrêmement dégueulasses et difformes avec une capacité de régénération qui dépasse celle d’un Coeurl dans FFXV… Je vous laisse donc le plaisir de les découvrir : le Eatman, les Wall Seeker, et bien plus encore !

SakuraHiiragi

– « Je te l’ai promis… je te protégerai ! » –

Tu le sens le death flag ou bien ?

Malgré le peu que je vous en ai dévoilé et ce que je risque de vous dire maintenant, ne vous inquiétez pas : je campe sur mes positions en disant que ce manga mérite son temps de lecture et vous garantira une bonne dose de… divertissement !

Bien évidemment, je pourrais reprocher le manque de profondeur dans l’histoire et le trou béant qui existe dans les explications qui sont données, pourtant je ne trouve pas que ce soit particulièrement gênant. Certes un défaut mais qui ne gâche pas la lecture, bien au contraire, au moins on ne traine pas pour blablater et on enchaine les événements aussi vite qu’un monstre pourrait vous bouffer. Donc je dis, pourquoi pas ? Tant que ça marche je prends.
(Oui j’aime voir des gens souffrir, agoniser et péter les plombs… sécurité !)
Un rythme effréné qui laisse cours à de bonnes scènes d’actions, de stratégies et de combats en tout cas.

Mais, si il y a bien une chose que je ne comprend pas c’est que les mecs ne se reposent jamais, ne mangent rien, se battent H24, se blessent, baignent dans des trucs putrides à donner la gerbe (si ce n’est plus) et pourtant ZERO SEQUELLES ! Pour la perte de santé mentale c’est bon, elle est belle et bien présente mais les blessures physiques chez certains personnages n’existent absolument.
Sans déconné, à un moment, une fille passe par des barbelés, se fait transpercer les pieds et se lacère la peau à cause des pièges mais NOPE je vais bien, je marche… que dis-je : je cours ! Vous viendrez vers moi quand vous verrez le pyrokinesiste se faire torturer comme jamais puis être flambant neuf 3 pages après…. really niggah?!

Pour ne pas faire la mauvaise langue jusqu’à la fin, l’auteur n’a franchement pas déconné pour faire souffrir les personnages et nous montrer des morts, tortures et décapitations de qualités ! Parce que c’est bien dégueulasse !

Sur ce, on se retrouve au prochain checkpoint au fin fond des abysses… Bisous !

Extrait

[Manga abyssaly approved by Meepow !]
[Abyssaly edited by Babwiwan ! With Salt and Lov… Blood !]

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Le meilleur anime de l’année ?

Mesdames, messieurs, c’était l’outsider, celui que personne n’a vu arriver (et pourtant…  le manga original était dans le top 20 du classement My Anime List avant même la sortie de l’anime !!! Y’a des signes qui trompent pas) j’ai nomméééééé MADE IN ABYSS ! Lire la suite

[Manga] Re/Member

REMEMBER 

« De rouge j’aime être vêtue… car c’est du rouge que je veux… la couleur qui me va le mieux… tes bras je vais les arracher… ton torse je vais le déchiqueter… tes jambes, je vais les mutiler… laisse-moi sauter sur ton dos… t’écorcher, te briser les os… ah, je rêve tant… d’être vêtue de rouge sang ! »

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Les Chroniques d’Elearya #1 – Les Démographies Méconnues : Le Bara à travers « Otouto no Otto »

[Avertissement de Babiwan : « Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate » (« Laissez toute espérance, vous qui entrez »), La Divine Comédie de Dante, circa 1307-1321. Voir à la fin pourquoi c’est barré.]

Eh oui ! C’est encore moi ! Je viens encore vous embêter. Aujourd’hui, je voulais vous parler d’un genre démographique peu connu en Occident : Le Bara. Ne vous méprenez pas, je ne vous encourage pas à lire ces œuvres (Sauf si vous souhaitez que votre âme s’envole vers d’autres cieux et ne revienne jamais). C’est simplement pour votre pauvre petite culture générale d’Otaku. Venez-donc avec moi parcourir les bas-fond du manga et désintégrer votre âme 😉

[Note de Babiwan : et je vous accompagnerais (y’a pas de « s » au futur du singulier de la première personne, correcteur à la noix :p .) donc au cœur de l’enfer contre mon gré, au fur et à mesure de ma correction. Espérons survivre à cette expérience.]

Préambule :

Otouto no Otto (Le Mari de mon Frère) raconte l’histoire de Yaichi et sa fille Kana qui vont voir débarquer Mike Flanagan dans leur vie. Cependant, ce récit n’a RIEN A VOIR avec les œuvres habituelles de son auteur, TAGAME Gengoroth, si tant est que vous en aviez déjà entendu parler. C’est un Seinen. Pas de SM, pas de viols, aucune violence. Juste une ambiance calme et … Slice of Life. On se prépare au pire ….. pour rien [N’est ce pas Meepow-Sensei]. Pas une seule scène de sexe à l’horizon. Seulement un léger fan-service gay 😉

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Couverture du Tome 1

Un peu d’histoire :

Le terme bara (薔薇) signifie la rose en japonais. Ce terme viendrait d’un recueil de photographies homoérotiques publié en 1963 par MISHIMA Yukio et HOSOE Eikoh : Bara-kei (薔薇刑, tué par les roses). La symbolique de la rose est par la suite renforcée par le premier magazine gay japonais paru dans les années 60 : Barazoku. A partir des années 1980, il est utilisé pour désigner le cinéma gay : bara-eiga (薔薇映画, film de la rose).

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Couverture du magazine « Barazoku » dans les années 80.
[Note Elearya : Meepow ! Elle me fait pensé à Free! :v ]
Le saviez-vous ? : Le terme bara fut repris par les japonais hétérosexuels pour désigner les homosexuels. En ce sens, c’est un terme péjoratif malheureusement utilisé en Occident pour désigner ce que les japonais appellent le men’s love (メンズラブ, menzu rabu). 

Qu’est ce que le Men’s Love (ou Bara) ?

Le Men’s Love est un genre démographique traitant de l’homosexualité masculine. Il est donc étroitement lié au Yaoi (Boy’s Love), de part son contenu. Cependant, la grande différence entre le Men’s Love et le Yaoi, sera le public cible, et par conséquent, le magazine de publication. Le public cible du Yaoi reste principalement des femmes, à la recherche d’une romance passionnée et fantasmée, qu’elles ne trouvent pas forcément dans les Shojo (où l’héroïne est souvent niaise et sans saveur [Note Elearya : Non ça ne sens pas DU TOUT le vécu ! ]) ou le Hentai (qui cible ici, principalement des hommes et donc où la femme est perçue comme un objet sexuel). Le public cible du Men’s Love est quand à lui, des hommes homosexuels ou bisexuels qui recherchent un transcription plus réaliste des différents partenaires sexuels ou des types de relations recherchés par les gays. Ainsi, les Bears (De l’anglais qui signifie ours : personnages musclés, poilus et baraqués) des Men’s Love sont bien loin des Bi-shonen (éphèbes au physique androgyne) des Yaoi. De plus, contrairement aux Boy’s Love, les scènes de sexe ne sont en aucun cas cachées. [Note Elearya : Bon ok. On trouve quand même pas mal de Yaoi non-censurés. Mais y’a quand même plus de retenue que dans le Men’s Love].

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Couvertures du vol.2 de Goku : L’île aux prisonniers (TAGAME) et de
l’Anthologie de ses oeuvres (The Passion of Gengoroth TAGAME)
On retrouve ici le style typique des Bears poilus et baraqués

[Remarque de Babiwan : Bon bah à défaut de Super Saiyan, on a des Oozarus… *prend la fuite*]

Le Grand Prêtre du Men’s Love : TAGAME Gengoroh

Je vous parle de TAGAME depuis tout à l’heure. Mais vous allez me dire ….. (*Une main se lève* – C’est qui TAGAME ?). Bingo. Alors, TAGAME Gengoroh est connu pour être l’ambassadeur du manga gay en France et dans le monde. Influencé par les œuvres du Marquis de Sade, il commence à publier ses premières œuvres en 1982 à l’âge de 18 ans dans un magazine Yaoi. Plus tard, deux autres magazines gays publient ses œuvres dont le célèbre Barazoku. Sa carrière démarre en 1986, à l’âge de 22 ans. A 29 ans, il publie ses œuvres dans le magazine gay Badi puis avec deux collègues, il fonde le magazine gay G-men, ciblant un public plus mature. Aujourd’hui ses œuvres sont publiées dans Badi. Dans une anthologie (Massive – Gay Erotic Manga and the Men who make it), il recense des manga gay écrits des années plutôt ainsi que leurs auteurs. Plus tard, un éditeur américain (Picturebox), publie une anthologie des œuvres de TAGAME : The Passion of Gengoroth TAGAME.

Je vous invite fortement à lire cette interview réalisée en 2013. TAGAME y parle de son parcours mais aussi (et c’est ce qui rends l’interview ultra-intéressante) de la culture gay au Japon. En plus, on peut la replacer dans le contexte historique du manga. (Bon je vous cache pas qu’elle est assez longue).

Approved by Elearya

Le style de TAGAME mélange pornographie homosexuelle et Sado-Masochisme. Ses personnages sont des Bears (chara-design typique du Men’s Love : Corps poilus, musclés à souhait, extrêmement détaillés, grosses b…outeilles …. ). TAGAME est connu pour ses scénarii axés BDSM (acronyme mixant plusieurs abréviations en une : Bondage & Discipline, Domination & Soumission, Sado-Masochisme), violences sexuelles et tortures physiques. Il est assez récurrent de voir des viols ou des abus sexuels dans un contexte militaire. Je sais ce que vous vous dites [Particulièrement vous, Babiwan et Meepow] « Oh mon dieu ! On est allés trop loin, nos yeux saignent et notre cerveau tremble ! ». Mais je vous arrête. Ici je ne vais pas vous parler de violences sexuelles ou de SM [Note de Babiwan : heureusement pour nous !]. Je vais vous parler du tout dernier manga de TAGAME qui est .. Surprise ! Un Seinen ! Promis, y’a pas de pièges. La preuve : Le premier tome (sorti fin Mai 2015 au Japon) a été réimprimé au moins quatre fois en moins de deux mois, le premier tirage s’étant écoulé en seulement 3 jours !

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Gengoroth TAGAME

J’ai testé pour vous : Otouto no Otto (Le Mari de Mon Frère)

Synopsis : 

On suit l’histoire de Yaichi et sa fille Kana, qui reçoivent un jour la visite de Mike, le mari du frère jumeau de Yaichi, arrivé directement du Canada. Yaichi devra alors revoir et repenser les stéréotypes absurdes qu’il avait sur les homos, tandis que Kana met régulièrement les pieds dans le plat, avec la naïveté et la franchise décapante propres aux enfants de son âge. Les deux hommes vont tout deux apprendre l’un de l’autre, entre Mike qui se familiarise avec les us et coutumes japonaises et Yaichi qui découvre la culture canadienne.

www.nautiljon.com

Aperçu :

  • Année de parution japonaise2015
  • Année de parution française : 2016 (Vous pouvez retrouver le Tome 1 à l’As de Trèfle ! Merci Sosoro 😉
  • Type : Seinen [Note Elearya : Ce manga traite bien de l’homosexualité masculine. Cependant, TAGAME Gengoroth a décidé de traiter le sujet afin de faire passer un message et d’en faire une oeuvre tout public. Ce Men’s Love est donc publié dans le magazine Gekkan Action (King’s Game – Origines, Orange) qui est un magazine Seinen !]
  • Genres : Comédie – Drame – Tranche de Vie
  • Auteur : TAGAME Gengoroh
  • Éditeur JAP : Futabasha
  • Éditeur FR : Akata

Mon avis :

Au niveau du manga en général : Je trouve le chara-design plutôt sympa et réaliste. Comme on pouvait s’y attendre, rien à voir avec les Bi-shonen des Yaoi. On reconnait la patte de TAGAME. Comme c’est un Seinen, contrairement à ses purs Men’s Love où l’on voit tout tout tout, il a pris le soin de censurer son oeuvre (du moins les grosses … parties intimes *Teehee*) tout en gardant les beaux corps musclés de ses bears (Bref, je vais pas faire un dessin. Imaginez juste Mike ou Yaichi nus avec plein de poils quoi :v ). On retrouve là un léger fan-service pour ses lecteurs habituels.

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Kana dessinée par TAGAME
Qui aurait cru qu’un jour un dessin de TAGAME serait aussi KAWAII ? QUI ?!

 

Au niveau du scénario :

Je pense que Yaichi incarne la société japonaise qui considère l’homosexualité comme un sujet tabou. Il est gêné lorsque Mike Flanagan débarque du Canada sans prévenir. Il garde une expression polie et calme devant lui, mais l’esprit blindé de préjugés, il s’insurge et l’insulte mentalement. En son for intérieur, il aimerait cracher ses propos et préjugés homophobes (Très bien représentés sous forme de petite bulles : TAGAME coupe la vignette en 2 et représente la même scène à l’identique 2 fois : En dessous, ce que Yaichi dit calmement à Mike et au dessus ce qu’il pense réellement). Par exemple, choqué que Mike révèle son lien marital avec son frère Ryoji à sa fille Kana, il en vient même à hurler que le mariage entre homme est impossible lorsque la jeune fille lui pose la question (alors que Mike lui réponds naturellement et calmement que oui).

De ce fait, Yaichi ne sait pas comment aborder cette situation… Cela lui laisse un gout amer dans la bouche (Chtap ! Vous imaginez quoi, là ?). A force de réflexions, il commence à se poser des questions. L’éducation qu’il a reçue (donc celle de 90% de la population de la planète), lui imposant une famille composée d’une femme, un mari et des enfants serait en fait obsolète [Note Elearya : Halleluiah ! Lynou, on touche au but !].

Kana, elle, est une enfant. Elle ne comprends pas ce qu’il se passe, son père lui ayant caché l’existence de son frère. Elle découvre alors l’univers de l’homosexualité avec une vision tout à fait innocente, tiraillée entre le point de vue de Yaichi et celui de Mike. Elle est tout excitée à l’idée de cet oncle canadien sorti de nulle part (sans mauvais jeu de mot). Elle ne sait rien de ce qui tracasse son père. Elle ne voit en Mike qu’un gros bûcheron à la barbe de Père Noel amusant et intriguant. Elle cherche tout de même à comprendre la relation de ses oncles mais enchaîne les gaffes des enfants de son âge, ce qui rajoute une touche d’humour au manga.

Mike quant à lui est plus serein. Il aborde le sujet avec Kana de façon tout à fait naturelle et tente de lui expliquer que sa relation avec son oncle (et l’homosexualité en général) ne sont en aucun cas des actes étranges, malgré les réticences de son beau frère. Il est tout excité à l’idée de découvrir le Japon, patrie de son mari (au sens propre comme au figuré ^^ ) et n’est pas en reste d’anecdotes à propos de Ryoji. Il apprends même des choses à Yaichi qu’il ignorait sur son propre frère jusqu’ici.

Il en résulte donc un contraste entre les deux hommes : Un Yaichi hésitant, méfiant, ignorant tout de son invité si spécial qui devra surmonter ses préjugés homophobes et accepter la réalité et un Mike, enjoué, ravi, qui assume complètement son homosexualité et tente de découvrir les coutumes japonaise tout en essayant de transmettre le militantisme LGBT à Yaichi (le Canada étant plus avancé que le Japon au niveau des droits des minorités). Ensemble, ils se découvriront l’un, l’autre (sans mauvais jeu de mots vaseux) et partageront leurs cultures et leurs points de vue, le tout accompagné des gaffes innocentes d’une petite fille espiègle et curieuse (Bon ok vous avez le droit à des pensées perverses innocentes).

Je trouve que l’auteur a eu une bonne idée d’écrire ce manga. A la fois pour parler d’un sujet sérieux et tabou au Japon avec beaucoup d’humour et promouvoir la culture gay. Il réponds à pas mal d’interrogation et de préjugés qu’on pourrait avoir sur les homosexuels. C’est une superbe façon de passer le message et de tenter de changer les mentalités au Japon et à l’international sachant que la plupart de ses œuvres restent relativement choquantes. En tout cas, j’espère vous avoir donné envie de le lire parce qu’il vaut vraiment le coup !

Bonne lecture ! :v

[Avertissement de Babiwan : « Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate » (« Laissez toute espérance, vous qui entrez »), La Divine Comédie de Dante, circa 1307-1321.

C’était ce que je voulais mettre originellement au début de l’article, surtout au vu de son titre, mais en réalité, nul besoin de le mettre. Elearya a su naviguer comme un bon capitaine pour vous présenter le Bara dans ses grandes lignes ainsi qu’un de ses auteurs phares (d’après ce que j’ai compris en lisant cet article, comme vous à l’instant) en se servant d’une oeuvre atypique et tout public réalisée par celui-ci. Ce qui permet de faire d’une pierre deux coups, et de réussir à vous présenter le Bara tout en nuances d’ombres (non il n’y en a pas 50, voyons !) et de vous dessiner habilement ses contours, sans avoir à mettre trop en lumière ce qui peut choquer au sein de ces œuvres (surtout quand on apprend la spécialité de l’auteur au sein du Bara, qui est donc hyper crue). D’un autre côté elle vous présente un succès littéraire qui a le mérite d’aborder des thématiques difficiles. Félicitations donc pour avoir rédigé cet article de qualité. Néanmoins, je précise que les propos des auteurs, surtout lorsqu’il s’agit d’engagements envers une certaine cause ou une autre (à degré divers), n’engagent qu’eux. … Et c’est sur ces paroles neutres qu’il se barra ! (Oups il a osé ! =D)]

[Edited by Babiwan]