Le Hentai : Un art plus qu’un taboo ! (+18)

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Mangas, animés, jeux vidéo, le hentai est une tendance qui touche la plupart des vecteurs de la culture Otaku/Geek. Le mot « Hentai » recouvre plusieurs définitions et pourrait être traduit par des termes comme transformation, métamorphose ou perversion. L’occident ne retient que le caractère pornographique du phénomène alors qu’au Japon, la connotation sexuelle n’est pas forcément induite.

 

Les origines du mot hentai

Aujourd’hui, le mot hentai est indéniablement lié à la pornographie, mais l’origine en était différente :
– à l’ère Meiji (1868 – 1912), il est utilisé en science et en psychologie pour définir des troubles comme l’hystérie. Le hentai est associé à une dimension hors norme. Il faut attendre le début des années 1920 pour que le mot hentai soit associé à la sexualité et plus particulièrement à la sexualité déviante. C’est alors que de nombreuses publications, notamment des magazines voient le jour pour aborder le hentai. On parle même de « hentai boom ». La censure des années 30 mettra un coup d’arrêt aux publications qui devront attendre les années 50 pour reprendre.

 

La dérive pornographique du hentai

L’importation occidentale de mangas et animés pornographiques a largement favorisé le basculement du mot hentai dans une sphère sexuelle. Et alors que le terme ecchi (issu de la prononciation du H dans le mot hentai) définit une pornographie plutôt soft, le terme hentai devient associé à des tendances bien plus trash. Sadisme, sadomasochisme, inceste, viol, zoophilie, copulation avec des monstres imaginaires, les thématiques sont larges et se déclinent aussi bien dans les mangas que les animés ou les jeux vidéo. Parmi les oeuvres majeures de ce phénomène signalons les animés précurseurs comme Lolita Anime et Cream Lemon, tous les deux réalisés en 1984.

Urotsukidōji est un manga datant de 1986 qui sera adapté en animé par la suite. Dans le domaine des mangas La Blue Girl est une des références des années 90 mettant en scène une jeune fille ninja qui utilise des techniques sexuelles pour combattre des démons spécialisés dans les sévices sexuels. Programme très réjouissant ! Pour les amateurs de jeux vidéo, le secteur n’est pas en reste, même si la très grande majorité des titres est exclusivement réservée au marché japonais. En 2006, Rapelay tente une percée aux Etats-Unis, mais ce jeu dans lequel vous incarnez un violeur qui doit violer une étudiante et sa famille, sera très rapidement interdit. Choquant outre-atlantique (et chez nous également), ce genre de titres sont pourtant très fréquents au Japon et font partie intégrante de la culture des jeux vidéo japonais. Les gamers se délecteront également de Bible black, un « ero-game » dans lequel vous avez le pouvoir de transformer des jeunes filles innocentes en bêtes assoiffées de sexe. Notez que le jeu a été adapté en animé juste après sa sortie en jeu vidéo.

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Hentai, un univers bien classifié

Comme la pornographie, le hentai est un univers qui comporte de très nombreuses catégories. Cependant, ces dernières sont parfois un peu plus trash que celle que vous pouvez voir sur votre site préféré. Les adeptes des fortes poitrines se tourneront vers le bakunyu. Le lolicon est une tendance très répandue qui met en scène des jeunes filles préadolescentes, voire plus jeunes. Et pour retrouver de jeunes hommes, il faudra jeter un oeil au rayon shotacon. Commençons les choses sérieuses avec l’omorashi, un fétichisme qui se porte sur l’urine et qui va de la culotte légèrement humide aux séances d’urophilie en pleine rue (le yagaï). Le futanari se concentre, pour sa part, sur les hermaphrodites et les transexuels. Evoquons au passage le viol et l’inceste qui font partie intégrante du hentai avant de se tourner vers la passion pour les tentacules. Cette dernière remonte aux début des années 1800 avec des shungas (gravure érotique) représentant des femmes ayant des rapports sexuels avec des monstres marins dotés de tentacules. Ces tentacules érotiques se retrouvent dans le Japon contemporain à travers des mangas comme Demon Beast Invasion et même des films américains avec l’exemple de La Galaxie de la terreur et son ver géant qui déshabille une astronaute avec ses tentacules avant de la violer. Toutefois, la réalité rattrape parfois la fiction, et des scènes pornographiques avec des poulpes ou des anguilles sont disponibles sur le Web (on laisse les plus curieux/pervers chercher par eux-mêmes).

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Doujinshi, quand le hentai flirte avec l’amateurisme

L’un des plus gros fournisseurs de contenu hentai est le doujinshi. Non il ne s’agit d’une maison d’édition ou une boîte de production, mais du nom donné au travail des amateurs dans n’importe quel domaine, y compris celui du hentai. Et ils sont nombreux à se lancer dans ce mouvement, du groupe d’étudiants curieux aux futurs dessinateurs de manga en passant par les réalisateurs du dimanche. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les doujinshi rencontrent un immense succès comme l’atteste les rassemblements comme le Comic Fest, véritable paradis de la pornographie japonaise où des milliers de fans viennent acheter les derniers ouvrages des dojinshi les plus trashs.

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Pourquoi le hentai peut être aussi déviant?

Viol, inceste, relations sexuelles avec de très jeunes filles, le hentai aborde des sujets qui choquent en Occident. Pourquoi le choc n’est-il pas le même au Japon ? Il y a plusieurs explications possibles. En effet, la culture japonaise est très tolérante en termes de représentations sexuelles tant que le côté fictif de l’acte est clairement identifiable. Ainsi, la mise en scène d’un viol ou l’extrême jeunesse d’une partenaire sexuelle sont acceptés tant qu’il n’est pas spécifiquement mentionné que la jeune fille est mineure ou que le viol est mis en scène dans une version jeu sexuel clairement identifiable. Etrangement, la censure a également été à l’origine de certaines dérives du hentai. Jusqu’aux années 1990, la loi en termes de représentation d’actes sexuels est très floue et la principale interdiction concerne une trop grande ressemblance avec la réalité. De ce fait, on comprend plus facilement l’apparition de poitrines complètement démesurées, des sexes immenses et parfois colorés. La dérive vers les tentacules devient ainsi plus logique. La représentation d’une scène de viol ou d’inceste évite donc la censure en modifiant la réalité. C’est ainsi que les bases du hentai se sont fondées.

Au final, le hentai est une branche à part entière de la culture manga, animé et jeux vidéos japonaise. Elle n’est toutefois pas symptomatique du pays (sauf peut-être pour le coup des tentacules) et, au même titre que la perversion, elle est juste moins tabou au Japon que chez nous.

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